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Les patients aux prises avec une dégradation soudaine de la fonction rénale ou ce qu’on appelle une « insuffisance rénale aiguë » (IRA) sont plus susceptibles de mourir prématurément après avoir quitté l’hôpital, même si leur fonction rénale semble rétablie. C’est que ce que dévoile une étude publiée le Journal of the American Society of Nephrology (JASN) et dirigée par le Dr Jean-Philippe Lafrance, récipiendaire d’une bourse de postdoctorat KRESCENT. « Notre étude a permis d’établir que le risque de décès demeure élevé longtemps après l’insuffisance rénale aiguë », indique le Dr Lafrance, qui est de retour à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal après avoir effectué des études postdoctorales à la Boston University School of Public Health.
Le Dr Lafrance, de concert avec le Dr Donald R. Miller (également de la Boston University School of Public Health), ont utilisé une base de données américaine sur la santé d’anciens combattants en vue d’analyser l’évolution de l’état de santé à long terme d’environ 83 000 anciens combattants atteints d’IRA. Les patients atteints d’IRA présentent une détérioration rapide de leur fonction rénale, qui peut être due à de nombreuses causes. Plus de la moitié des patients atteints d’IRA ont besoin de dialyse au moins temporairement et un grand nombre d’entre eux meurent avant de quitter l’hôpital. La nouvelle étude a porté sur les patients atteints d’IRA qui n’avaient pas besoin de dialyse et qui ont survécu au moins trois mois après leur départ de l’hôpital.
Au cours du suivi qui a duré en moyenne deux ans, 30 % des patients atteints d’IRA sont décédés comparativement à 16 % dans le groupe de patients sans IRA. Les chercheurs ont déterminé que le risque de décès était d’environ 40 % plus élevé dans le groupe avec l’IRA, même après avoir tenu compte d’autres facteurs comme des troubles de la fonction rénale apparus après le congé de l’hôpital.
Le risque est encore plus élevé chez les patients atteints d’une IRA plus grave, attestée par une détérioration importante de la fonction rénale. Le risque de décès était élevé même chez les patients dont la fonction rénale était revenue à la normale après l’IRA, comme ce fut le cas chez plus de la moitié des patients. « Les troubles de la fonction rénale après le congé de l’hôpital expliquaient seulement une partie de l’accroissement du risque de décès à long terme associé à l’IRA », fait remarquer le Dr Lafrance.
L’étude comportait de nombreuses restrictions : elle avait recours à des données colligées dans un autre but, elle n’incluait pas des renseignements complets sur le test de créatininémie utilisé pour diagnostiquer l’IRA, elle était limitée principalement à des hommes et elle ne comprenait pas de renseignements sur les causes de décès. En outre, les chercheurs ne disposaient pas de données sur le risque à long terme de l’insuffisance rénale chronique, une complication potentielle ultérieure de l’IRA.
« Le programme KRESCENT de la Fondation est une initiative avant-gardiste axée sur la formation de chercheurs de calibre international, explique Paul Shay, directeur général national de La Fondation canadienne du rein. L’étude du Dr Lafrance est un excellent exemple d’une recherche clinique intéressante qui pourrait avoir des implications importantes pour l’exercice de la médecine et les traitements dispensés aux patients. »
Le programme KRESCENT est le fruit d’une collaboration spéciale entre La Fondation canadienne du rein, la Société canadienne de néphrologie et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Le programme KRESCENT privilégie la formation d’excellents scientifiques. Il s’agit d’un programme unique à plus d’un titre : il recrute des stagiaires provenant de diverses disciplines en vue de les faire participer à un cursus d’études national, il favorise par un encadrement continu le développement de carrière au niveau du (post)doctorat et dans la période suivant l’obtention du premier poste universitaire du stagiaire et il favorise le développement des recherches concertées et le transfert des connaissances entre les axes de recherche.
Pour en savoir plus sur le programme KRESCENT ou La Fondation du rein, veuillez communiquer avec Wim Wolfs, directeur du Programme national de recherche, au 514 531 2212 (cell.) ou à wim.wolfs@kidney.ca
Voir l’article du Dr Lafrance dans JASN
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